Boubacar Ndiay, la maison ne brulera pas.

Publié le par Bien Faisant

Même s’il est bien connu qu’en Afrique : un vieillard qui meurt, c'est une bibliothèque qui brûle,  la mort du vieux conservateur en chef de la maison des esclaves de Gorée fait, elle, exception.

Le sénégalais le plus connu du monde a tout fait, de son vivant, pour que sa bibliothèque, celle des esclaves, ne brule  pas avec sa  disparition. Il l’a cachée dans la mémoire des hommes.  Introduite  aux livres d’histoire. Désormais, la maison des esclaves  de Gorée est inscrite à l’Unesco comme un haut lieu de  mémoire de la traite  transatlantique.  L’une des plus abominables de l’histoire africaine.

Le grand Tagore s’est exclamé, un jour,  que son  Taj-Mahal  est une larme solitaire  posée  sur la joue du temps, Ndiay,  lui, a rétorqué   que sa maison,  à  lui, est le cri qui a vaincu tous les tambours des hommes.   Un cri dans la longue nuit de l’humanité.  Et, en sachant bien qu’ils ne sont pas tous libres ceux qui exhibent fièrement leurs chaines brisées,  il  les a utilisées  comme remède  pour  libérer ses anciens maitres  des leurs.  

Et Ils sont venus en masse, chez  lui. Jusqu'à sa maison, à  lui.  Leur lieu du crime,  à  eux. Surpris, Ils on écouté une voix calme.  Sans haine.  Sans revanche. Une voix qui parle pour l’histoire. Uniquement pour l’histoire. Pourtant il peut se montrer terrible un  esclave qui a brisé ses  chaines. Celui-ci, au contraire,  compatit.  Leurs chaines  en Or lui rappellent les siennes.  Seul le maitre a changé.  Apres tout,  les chaines qu’ils soient en Or ou en Acier sont  des chaines, pense-t-il.

Boubacar Joseph Ndiay, le conservateur de la maison des esclaves de Gorée, est décédé à Dakar le 6 février 2009 à l'âge de 87   ans  des suites d'une longue maladie et repose à jamais au cimetière de Dakar à  coté de son maitre soufi Limamou Laye Paix, prière  et  pardon pour lui.

 

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