les mécanismes de l’immobilisme.
Un simple regard objectif sur la situation en Mauritanie et le constat est sans équivoque : le Pays n’a pas progressé d’un iota depuis un demi-siecle. Il peine toujours dans sa quête légitime du règne du droit et de la justice. Seulement, il est bien connu, que parmi les milliers d’hommes qui aspirent à établir le règne du droit, bien peu seraient capables à définir clairement ce que c’est le droit et la justice. Et entre le but et sa définition, tout notre mal réside. Cet écart entre le but escompté et les moyens pour le réaliser scinde notre société en deux parties séparées par un mur d’incompréhension et de méfiance.
Une partie sait ce que c’est le droit et la justice, mais les mécanismes d’accession aux gouvernails lui sont hostiles. C’est le résultat de la marginalisation systématique des vrais intellectuels et des hommes compétents dans les sociétés féodales et claniques. Ces intellectuels qui sont rares dans notre Pays, mais néanmoins existants. Et, à leur charge, il brille par un manque d’opiniâtreté fortement handicapant pour une société en pleine métamorphose comme la notre.
L’autre partie, plus entreprenante et peu avantagée intellectuellement, confisque le pouvoir depuis l’dépendance et jusqu'à nos jours. Elle regroupe, entres autres, des militaires, des diplômés arrivistes et courtisans et surtout les représentants des forces obscures du pays : commerçants, chefs traditionnels et hommes de religion. Bref un centre décisionnel dangereusement incompétent et un centre réflexif marginalisé et, parfois même, clochardisé. Et comme conséquence immédiat, un immobilisme automatique donnant, ainsi, raison au grand intellectuel, Gustave Le Bon qui a prédit, il y a longtemps, que la compétence sans autorité est aussi impuissante que l’autorité sans compétence.
Cette rupture bien consommée chez nous entre l’action et l’idée qui l’accompagne doit, impérativement, cesser. Pour progresser, il est clair qu’il ne suffit plus d’agir, mais il faut savoir aussi dans quelle direction s’orienter. En effet tout Pouvoir digne de ce nom est un équilibre entre une volonté ferme d’agir et un savoir clairvoyant pour l’orienter. Et c’est seulement une association durable entre l’idée et l’action que la réussite d’un pouvoir peut-avoir lieu. Le Guide inspire est un mythe, tout autant que l’esprit guidant.
En résumé : tant qu’en Mauritanie les hommes d’idées et ceux des actions ne se sont pas réconciliés, on n’arrivera jamais à inverser les mécanismes de l’immobilisme.