Operation Walkyrie
Dans la mythologie nordique, une Walkyrie est une vierge guerrière chargée de choisir qui, parmi les guerriers, doit être sacrifié pour le dieu Odin, le plus grand dieu celte. Elle s’est rendue célèbre, plus tard, par la fameuse tétralogie de Wagner et surtout par le nom de code de l’opération qui a tenté, en 1944, de renverser le chancelier allemand, Adolf Hitler. Opération que ce dernier, grand admirateur de Wagner, avait pensée et surnommée afin d’empêcher tout soulèvement en Allemagne et que certains officiers mecontents ont tenté, en vain, de retourner contre lui.
Mais au-delà de l’aspect mytho-historique, ce nom évoque souvent l’étendu de sacrifice que, dans un conflit, les belligérants sont amenés à consentir. Quitte à les accompagner, au nom d’un intérêt suprême, pour accepter, bon gré malgré, leur sort.
Par le conflit, vous l’avez compris, je sous entends la crise politique qui commence à frôler les lignes rouges habituels en Mauritanie. Crise qui nous amène, pour la première fois de notre histoire, devant les instances internationales comme un Etat hors la loi. Un Etat voyou. Crise qui ne tardera pas à interférer sur notre niveau de vie, déjà très bas, pour ne pas dire misérable.
Par les belligérants, je parle de tous les acteurs de cette crise, tous bords confondus. Tous les noms qui s’activent actuellement sur la scène nationale. Les Militaires, le Président Sidi, les chefs de partis politiques, les membres du gouvernement ainsi que les hauts cadres de l’état, tout le monde doit avoir à l’esprit qu’ils ne sont que des variantes d’une situation dont le seul constant est l’intérêt suprême de la Mauritanie. Et qu’ils doivent s’effacer une fois cet intérêt menacé.
Et, enfin, par Walkyrie je nomme toute force bien intentionnée qui peut exercer, d’une façon ou d’une autre, une pression sur les protagonistes afin qu’ils réévaluent leurs positions. Pour les Militaires elle peut prendre la forme d’un officier qui met en garde le général Aziz contre son entêtement et lui conseille de refroidir ses ardeurs. Pour les civiles, elle peut-être sous la forme d’un homme politique qui dit au président Sidi que la Mauritanie n’est pas un héritage qui lui revient de droit et qu’apparemment une bonne partie du peuple mauritanien n’en veut pas de lui.
Nous devons tous, chacun à son niveau, œuvrer comme une Walkyrie en chasse pour garantir l’intérêt de la nation et la pérennité du pays quitte à sacrifier les belligérants, tous les belligérants, qui font désormais partie de la crise.