Benoit IV : Combien de raison ?

Publié le par Bien Faisant

"Le Pape : combien de division ?" aurait répondu Staline à un conseiller, qui, à la fin de la seconde guerre mondiale, s’inquiétait de la  nouvelle politique de la plus  vieille institution  politico-religieuse en activité,  le Vatican.

Cela dit, on ne peut qu'admettre que les héritiers de Pie XII ont considérablement contribué à la défaite de ceux de Staline, et cela malgré  leurs 53 divisions. Raison pour laquelle il ne faut, surtout pas,  sous-estimer la marge de manœuvre de l’Eglise, jadis victorieuse de Bismarck, surtout si elle se montre particulièrement  offensive. Et l’offensive de l’Eglise apparaît dans les actions et surtout les paroles   de ce pape allemand, Benoît XVI, qui a servi durant sa jeunesse au sein de la jeunesse hitlérienne, méritant ainsi  son surnom de panzer pape.
 En outre du baptême donné officiellement à un musulman converti au christianisme et de  l’intégration de l’aile dure  de la communauté catholique au sein de l’église, les discours sonnent plus alarmants que les faits.

 Et justement le plus alarmant de ces discours fut  donné, le 12 septembre 2006, par le pape Benoît XVI à l’université de Ratisbonne en Allemagne. Dans ce discours, Benoît XVI a pris une position radicale de l’islam, en citant les propos qu’aurait tenu l’empereur byzantin Manuel II à un savant musulman aux environs de 1400 : "Montre-moi donc ce que Mahomet a apporté de nouveau, et tu y trouveras seulement des choses mauvaises et inhumaines, comme son mandat de diffuser par l’épée la foi qu’il prêchait". Cet empereur héritier d’Héraclius, premier combattant de la foi et inventeur du concept de la guerre sainte, n’avait rien de pacifiste, lui qui a fait appel en occident pour avoir de l’aide au nom de Dieu, d’ailleurs son appel sera entendu mais les troupes du roi de la Hongrie n’arriveront pas à bon port.
Benoît XVI, en grand distributeur de rôle, a fait la part belle en s’attribuant la raison et la conversion de la raison au christianisme et la violence et la conversion qui en découle à l’Islam.

Cette raison qui, pour lui, ne vient et ne peut venir que de la philosophie grecque, seulement sans les musulmans, cette philosophie grecque lui  ne serait pas parvenue. En supposant que la science fait partie, si ce n’est, le sommet de la raison, on ne peut que signaler le traitement que son institution a réservé à la science et aux scientifiques pendant plusieurs siècles.

Benoît XVI n’est pas au courant, inquiétante amnésie, des croisades prêchées par ses prédécesseurs Urbain II, Grégoire VIII ou Innocent III ; les croisades contre les Cathares ; les massacres de la Saint Barthélemy ; les bûchers de l’Inquisition ; les conversions forcées, les massacres ou les déportations de Musulmans et de Juifs qui accompagnèrent la reconquista espagnole ; la conquête du "Nouveau Monde" ; les dragonnades contre les Huguenots... Sinon, il n’aurait certainement pas parlé de violence.

Si le monde entier a su, et de son vivant,  que son prédécesseur,  Jean-Paul II,  était  un homme d’exception, force est de constater qu’il n’a jamais cessé  de  nous confirmer  amèrement ce constat. Pour un homme si soucieux de la raison et ses dépendances est-ce raisonnable ?

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