Faust
Aussi étrange que ca peut l’être, le vrai règne du Général Aziz s’avère être, tout compte fait, durant celui de son intime ennemi le président Sidi. Il a réussi, en effet, dans les 15 mois de la présidence de ce dernier, a imposé sa volonté dans tous les rouages de l’état mauritanien. Chez les militaires, par exemple, on dit que son grade actuel prend toute sa connotation en se référant au nettoyage surprenant qu’il a effectué pour les officiers qui ne sont pas de son obédience. Un nettoyage, vous l’avez compris, général. Tout officier supérieur, qui n’est pas à ses ordres personnels, s’est vu son avenir, au sein de l’armée, gravement compromis. Mise anticipée à la retraite, affectation aux casernes reculées du pays, en passant évidement par le retrait des commandes des régions militaires sensibles, toutes les méthodes furent bonnes pour assoir la nouvelle, et insolente, autorité du Général. Bien évidemment, comme convenu entre les deux hommes, ces décisions furent signées par le président Sidi. Ce qui avait pour effet immédiat de tirer le tapis sous les pieds des officiers, souvent anciens et plus méritants, hostiles à cette ascension illégitime à leurs yeux. Cette erreur fatale, de la part du prédisent Sidi, est d’ailleurs l’origine du silence complice de l’armée nationale, le 06 Aout 2 008.
Maintenant, les choses sont d’une autre nature. Malgré sa présidence du HCE, le Général est en réalité affaibli par l’absence de légitimité de son régime. Le coup d’état étant refusé, de l’intérieur comme de l’extérieure, tout le monde s’attend à une solution de crise. Solution dont le but premier est, tout simplement, de sauver la face de notre Général maladroit.
En résumé, le ticket gagnant de la dernière élection présidentielle mauritanienne était, en réalité, un ticket à deux.
Vouloir le partager, revient à déchirer un billet de 1000 Ouguiyas en espérant avoir deux billets de 500 chacun.
Le pacte que le président Sidi et le général Aziz ont scellé mutuellement s’avère être un nouveau prologue d’un Faust contemporain dont la réalité n’est en rien outrepassée par l’imagination d’un Goethe inspiré.