Rideau de fer contre rideau de fumée

Publié le par Bien Faisant

L’expression rideau de fer est rentrée dans l’histoire suite au fameux discours, en 1946, du premier ministre britannique Winston Churchill. Dans ce discours, l’incorrigible guerrier saxon déclare les hostilités au monde socialiste, spécialement à sa locomotive motrice, l’Union Soviétique. Le reste de l’histoire est bien connu. Le temps passe. Les hommes aussi.

Hier, à Évian en France, un jeune président russe, héritier naturel du monde soviétique,  avec des pas hésitants et un regard fuyant, pend sa revanche sur ce monde occidental, et spécialement sur sa locomotive principale, les États-Unis d’Amériques.

 

Ce dernier, bien renseigné sur l’état de  santé  de son ennemi, demande la levée de ce rideau de fumée  qui cache actuellement l’horizon outre atlantique.

 

Rassuré par une conjecture favorable et l’appui d’un premier ministre hors norme, qui n’a pas qu’une partie du nom en commun avec  le  fameux Raspoutine, ce jeune président va jusqu’à formuler une proposition presque indécente à  ces hôtes européens. Il leur propose tout simplement de repenser le monde sans l’hégémonie américaine. Chose difficilement concevable pour cette génération des dirigeants européens qui ont majoritairement  vu le jour après la seconde guerre mondiale et la consécration de l’Amérique comme l’unique  superpuissance occidentale.

 

Son argument de base est que l’Amérique est en ruine, économiquement que moralement et politiquement. Mais un rideau de fumée cache bien ce que la folie de grandeur et les cycles périodiques de l’histoire ont   fait. Une fois ce rideau levé, le roi se montrera nu. Il faut alors, selon lui, anticiper cette déchéance annoncée pour ne pas se trouver dans une situation d’anarchie mondiale incontrôlable.  

Justement, dans ce discours de 1946, Churchill avait traité les bolcheviques d’une bande de babouins sanguinaires dansant sur des ruines fumantes !  On dirait que le jeune président russe, un peu rancunier,  voulait, lui, aussi dire la même chose pour les capitalistes outre atlantiques.

Qui peut dire, après cela,  que l’Histoire est  plus rancunière que les hommes ?

 

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