Autopsie de la situation
L’heure est grave, mon général. Ce petit pays, qui est la Mauritanie, et pour des raisons diverses, se trouve effectivement dans l’œil du cyclone.
Les forces qui se sont mobilisées pour entraver votre action du 06 aout ne sont pas, certes, toutes bienveillantes. N’empêche que les sous estimées est un suicide pour vous, d’abord, et pour nous, Mauritaniens, ensuite. Celles qui ont détruit l’Irak ne l’étaient pas plus. Je vous épargne, volontiers, le sermon sur la leçon irakienne. Mais vous convenez, avec moi, que malgré l’absence des armes de destructions massives, le régime, lui, fut bien renversé et le pays meurtri. Ce qui était, en réalité, le but premier des certains corbeaux haineux et revanchards du gouvernement Bush.
La situation, mon Général, se présente comme suit. Devant l’appui, implicite, du Maroc, qui s’avère être l’origine de l’entêtement algérien, un refus réel et croissant prend des ampleurs qui peuvent, parfois, surprendre certains. C’est pourquoi, je trouve, justement, utile de vous en parler. Prenons le cas de la France, un pays à l’avant-garde de la diplomatie internationale et responsable historique de notre région africaine. Malgré une haine réelle pour le président Sidi et son régime, ce pays risque de vous causer beaucoup de tort, pour ne pas dire tout le tort. Pour comprendre, il faut savoir, mon général, que le président Sarkozy avait, comme promesse électorale, une ferme volonté de rupture avec la diplomatie africaine traditionnelle. Ce qui fut balayée, d’un revers de main, par le président Bongo, détenteur de tous les secrets de la Vème République française. L’humiliation du président Sarkozy fut, alors, grande au point de mettre en suspens les dossiers africains, pour quelques temps, et s’occuper des ceux de l’Europe de l’Est et du Moyen Orient, ce qui s’est révélé plus judicieux, vu les résultats obtenus.
Maintenant, mon général, ce gouvernement compte prendre sa revanche et tente de tenir sa promesse bafouée par le biais de notre crise interne, pour ne pas dire, malheur nationale. Reconnaissez avec moi que l’occasion est belle. Se présenter, à moindre cout, comme le défenseur de la démocratie et la légalité constitutionnelle en Afrique. Certes la victoire sera sans gloire, mais l’homme est preneur.
Je dois noter que ce que je vous écris ici n’est pas ma propre analyse, c’est les explications des concernés eux même. J’espère que vous en êtes déjà averti, autrement vous seriez mal renseigné.
Pour les Américains, les choses sont, à l’instar du président Bush, beaucoup plus simples. La démocratie mauritanienne était la seule réussite du grand Moyen Orient promu par les nouveaux conservateurs. Alors, à défaut de mettre Ben Laden en prison, ces derniers comptent bien sortir le président Sidi de la sienne.
Quant à nos frères Africains, sincères et bien intentionnés dans leurs démarches, il ne faut surtout pas sous estimé leurs déterminations à en finir avec ces méthodes d’usurpation du pouvoir. Leurs tragédies répétitives étaient, heureusement, de bon conseil. D’ailleurs, vos coups d’état successifs leurs font, certainement, réviser leur sagesse populaire, eux qui croyaient que : tout a une fin, sauf la banane qui en a deux.
Enfin, mon général, comme vous savez certainement, seul Dieu est à craindre et seule sa volonté sera faite, il reste juste à nous, Mauritaniens, de lui demander la miséricorde dans celle-ci.