Crise économique ou crise civilisationnelle ?
Comme le poisson pourrit, toujours, de la tête, les empires s’écroulent, eux, par la déliquescence de leurs instituions. Et l’empire occidental s’est construit sur une idéologie économique commune, portée au niveau d’une religion, plus que sur un mode civilisationel partagé. Il est vrai que l’Occident est de religion chrétienne et d’histoire gréco-romaine.
N’empêche qu’il s’est toujours défini, d’abord, par son libéralisme économique. Pour s’en convaincre, il suffit de s’apercevoir que toute nation dont le système économique est d’inspiration capitaliste est de vocation à intégrer l’Otan, fer de lance de l’Occident.
Et ceci sans prendre en compte son histoire propre ou sa tradition religieuse comme, par exemple, la Turquie ou l’Albanie.
Et c’est la que le bas blesse. Ce modèle économique, érigé en royaume divin, a montré d’une façon indéniable ses limites. La fameuse main invisible, à savoir l’être suprême de cette religion, promue par son grand apôtre, Adam Smith, ne s’est pas manifestée au moment opportun.
Pourtant, le monde entier s’attendait, naïvement, a son intervention. La déception est, donc, grande. Les dégâts aussi. Après ces deux derniers, le pragmatisme occidental a pris le dessus sur les lamentations habituelles. Des voix commencent à se faire attendre pour douter de l’existence, même, de cette main invisible, chose inconcevable il y’a peu. D’autres, plus conservatrices, demandent seulement des reformes rapides pour les instituions de Bretton Woods, le Vatican du libéralisme économique mondiale. Quoi qu’il advienne, il est clair que les chamanes de cette doctrine ne peuvent être crus seulement sur parole. Que des moyens de contrôle et régulations, profanes, s’imposent.
Ce chamboulement des institutions occidentales qui s’annonce est, certainement, sans précédent depuis les révolutions politiques du 18eme et 19eme siècle.
La crise qui a commencé purement économique s’avère être, en fin des comptes, purement civilisationnelle.