Deux Mauritanie pour le budget d’une
Deux semaines après la révolte du palais entreprise par les janissaires de notre armée, la situation est on ne peut plus catastrophique sur les deux plans : national et international.
Sur le plan national, on assiste à une lente, mais certaine, mise en place de deux états parallèles qui ne se reconnaissent pas mutuellement. Une sorte de deux Mauritanie pour le budget d’une qui ont chacune son président, son premier ministre, son parlement, son sénat, et ses partisans. Sans parler de leurs alliés respectifs qui ont commencé à se faire connaitre ostensiblement. Ce déchirement aussi rapide que spectaculaire a permis, pour la première fois dans l’histoire du pays, à nos voisins d’intervenir d’une façon flagrante dans nos affaires internes. Ces voisins qui ne cherchent qu’un nouveau théâtre d’opération pour leur lutte hégémonique dans le Maghreb. Cette grave régression sur le plan de la souveraineté nationale coutera beaucoup pour le pays à court terme. Un retour à la politique médiane dans le conflit du Sahara s’impose le plus rapidement possible. Et ce pour ne pas nous exposer à des problèmes qui ne sont pas les nôtres et qui nous ont, déjà, couté chère.
Quant au plan international, la situation est d’une gravité toute autre. On est ce soir, pour la communauté internationale, un pays absent. Une sorte de personnalité morale, vivante certes mais introuvable. Le même statut, juridiquement parlant, que celui du Saint Empire Germanique.
Tous nos contrats sont mis en suspens. Notre cachet n’est plus reconnu. Nos comptes sont bloqués. Bref, un pays, subitement, inexistant.
Que personne ne se trompe sur la gravité de la situation. Le problème qui se pose aujourd’hui n’est pas un simple problème de gouvernance. La question n’est plus de savoir si la Mauritanie sera une démocratie ou une dictature. La question est purement existentielle. Elle est de savoir si nous existons toujours ? Et si oui, en combien d’entités ?
La Mauritanie est aujourd’hui au fond d’un puits et pour s’en sortir elle doit le faire avec la première corde qui se présente à elle. Celle des militaires s’est imposée de facto et elle est, dit-on, la plus solide. C’est injuste, certes, mais la Mauritanie vaut bien une injustice, un sacrifice.