Améliorer le niveau de vie des Mauritaniens est la plus grande légitimité
Durant la seconde guerre mondiale, le premier ministre britannique Churchill, cible première de la cinquième colonne allemande, vit presque anonymement dans un simple bunker londonien qui ne quitte que rarement et pour une urgence. L’une de ces urgences était d’aller une nuit au bâtiment de la radio britannique pour s’adresser en directe au monde dit libre, eh oui la mascarade est ancienne. Il prend, alors, un taxi londonien pour se rendre à la BBC, une fois arrivé il demande au chauffeur de l’attendre pour le ramener. Le chauffeur lui dit que c’est impossible. Qu’il doit rentrer, impérativement, à la maison pour écouter le discours de Churchill et qu’il ne peut rater ca pour rien au monde. Très flatté, Churchill le libera en lui laissant un pourboire conséquent. Qu’elle fut alors sa surprise, lorsque le chauffeur lui rétorqua, bon je vous attendrai et qu’il aille au diable ce vieux con. Moralité, même pour un britannique en plein guerre, le portefeuille prime sur le trône de sa majesté.
Et c’est justement les portefeuilles des Mauritaniens qui doivent trancher dans cette course, à la légitimité, entreprise par les belligérants. Seul le niveau de vie des Mauritaniens doit décider qui est légitime et qui ne l’est pas. La tempête qui a secoué la tour d’ivoire de l’élite mauritanienne a laissé le simple citoyen mauritanien complètement indifférent.
Ce citoyen accablé quotidiennement par des facteurs beaucoup plus terre à terre n’a pas vu une amélioration de son niveau de vie avec l’instauration de la démocratie, et les choses risquent de ne pas s’améliorer sous l’état d’exception actuel.
Ceux qui ont en main la destinée de la Mauritanie doivent arrêter de quémander la reconnaissance étrangère. Ils ne l’auront que chèrement payée.
Ils doivent œuvrer, d’abord, à gagner la reconnaissance intérieure en améliorant le niveau de vie de leurs citoyens. Et ceci commence par instaurer l’ordre et la sécurité. Créer des postes de travail et distribuer équitablement les richesses. Donner des signaux forts et sincères d’une réelle volonté de changement. Choisir des hommes honnêtes et compétents pour les membres du gouvernement en formation et, surtout, éviter la racaille politico-financière que tout le monde connait. Montrer à tout le monde leur feuille de route avec des dattes courtes pour rendre aux civiles ce qui leur appartient, la gouvernance.
Eviter d’encourager, enfin, la courtisanerie intéressée qui commence à se mettre en place en Mauritanie comme avec les anciens régimes d’exceptions. Récompenser cette courtisanerie peut-être fatale dans la situation actuelle ou les caisses de l’état sont vides et risquent de ne pas se remplir de sitôt.