Chat Noir, Chat Blanc

Publié le par Bien Faisant

Je suis entièrement de l’avis du grand architecte  de la prospérité chinoise, Deng Xiaoping,  lorsqu’il dit : « Peu importe qu'un chat soit blanc ou noir, s'il attrape la souris, c'est un bon chat. »

Bien évidement, vous l’avez compris, dans mon esprit,  le chat blanc est le régime civil démocratiquement élu, et le chat noir, tout autre système de gouvernance,  y compris la dictature militaire. 

Je  n’ai jamais eu cette sacralité, limite idolâtrique, pour ce système de gouvernance qui est la démocratie.  Une certaine  propagande, malveillante,   la présente comme une finalité en soi. Elle n’est, en réalité,  qu’un moyen. Un outil, une monture  vers le progrès et la justice sociale.

Suis-je,  pour autant, un non démocrate ? Je ne le crois pas.  Je le suis tant qu’elle est synonyme d’intérêt général. Est-ce toujours  le cas ? Certainement pas. La très démocratique, néanmoins esclavagiste,  Athènes n’était pas porteuse d’espoir pour tous ses habitants.  On peut dire la même chose, aujourd’hui,  de la France, l’Inde, les États-Unis, Israël, et j’en passe, la liste est effectivement longue.

Rien n’est essentiellement bon ou mauvais, vrai ou faux. Tout est sous hypothèse, celle de bien faire, d’attraper la souris. Relativisme idéologique ? Pas vraiment. Même les sciences dites exactes   ont leur hypothèse. Par exemple, le fameux corollaire, connu de tous, deux droites parallèles ne se coupent jamais, n’est vrai, lui aussi,  que sous hypothèse. Celle de l’acceptation du 5eme postulat d’Euclide.  Sinon,  et au risque de vous surprendre, deux droites parallèles peuvent bien se couper.

 

En Mauritanie, on a un problème qu’on n’a pas encore arrivé à résoudre.   C’est celui de l’enracinement de la notion de l’État. Elle se fait occulter, en effet, par d’autres notions plus présentes dans la vie quotidienne des Mauritaniens. On peut en citer par exemple, communautarise, régionalisme, tribalisme, et dernièrement l’appartenance  politique (Campisme). L’État, lui, est relégué dans l’ordre des priorités  à la dernière position. Une sorte de vache au lait pour celui qui est aux manettes et ses proches. La démocratie mauritanienne, sur ce point précisément, a aggravé la situation du pays. Les voix s’achètent et se vendent plus qu’ils se gagnent.

Bref, dans le navire mauritanien, les rats se sont multipliés. Ils ont  rongé  les fondements économiques, sociaux, et politiques de notre pays.  Les gouvernements civils, chats blancs,  qui se sont succédé n’ont rien pu contre ces rongeurs professionnels.  Ils ont même, au contraire,  dansé   avec les rats. Et ces derniers sont d’une malice certaine. Ils ont utilisé  les livres de la constitution pour escalader les mures du parlement, du sénat, et du gouvernement.    C’est, uniquement, pour ces raisons, et avec l’espoir d’attraper toutes les souris,  que je dis : vivement  les chats noirs.

 

 

 

 

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