Face aux Ingérences Étrangères, Garde à Vous
Les américains ont levé le ton. Ils ont même grondé. Leur position est aussi claire que prévisible. Ils refusent, catégoriquement, le changement survenu récemment en Mauritanie. Leur position va même plus loin, elle exige le retour au pouvoir du président Sidi. Attachement à la démocratie ? Certainement pas. Leur passé prouve, en effet, le peu d’égard qu’ils ont pour la chose. Pas plus, en tout cas, que le réseau d’El Qaida au Maghreb Islamique qui s’est autoproclamé, blague à part, défenseur de la légitimité constitutionnelle et la pérennité du débat démocratique en Mauritanie.
Qu’explique alors cet intérêt que les États-Unis manifestent, subitement, pour notre pays, dans un moment ou les démocrates proaméricains se font dépecer par l’ours russe dans le Caucase, au vu et au su de tout le monde ?
La réponse est certainement dans la nature de ce que les américains ont demandé au président du HCE. L’homme était certainement à coté du Colonel Val, lorsque ces mêmes américains sont venus pour demander les mêmes choses. Une plate forme, noyau d’une base, de renseignement militaire dans le désert mauritanien pour fermer l’étau sur leur champ d’hostilité idéologique : Le Moyen-Orient.
La réponse du Colonel Val était, à l’époque, Niet. Pas de souveraineté sur le sol mauritanien autre que la souveraineté nationale. Les américains n’avaient pas appréciés. Par contre, ils avaient compris que l’homme n’était pas du genre à se laisser intimider. Ils sont partis, pour ne retourner que le jour de sa passation du pouvoir.
Malheureusement, le régime civil démocratiquement élu qui a suivi, était moins exigeant sur cette notion de souveraineté. On a entrevu, en effet, des militaires américains, ici ou la, pour des rasions diverses et peu convaincantes.
Il faut savoir que les délégations qui se succèdent, actuellement, en Mauritanie ne viennent qu’avec leurs lots des demandes et d’exigences qui frôlent souvent un opportunisme à peine voilé.
Pour ne pas se trouver obligé de payer un prix exorbitant ou faire des concessions intenables pour le peuple mauritanien, on doit vite dépasser la situation actuelle qui n’est tout sauf porteuse de bons augures.
Montrer des signes de faiblesse intérieure est exactement le moment qu’attendent ces loups de la politique internationale pour s’abattre sur la bergerie mauritanienne. Alors, comme ils disent les autres, Garde à Vous.