Un ami qui nous veut du bien
La situation était, certes, alarmante. Le président semblait, aussi, comme absent. Mysticisme ? Peut être. Il faut dire que l’homme apparait tellement rassurant et, surtout, rassuré, qu’on a du mal à croire qu’il avait fait le tour de la situation. Certainement pas qu’il l’avait en main. Tout le monde a douté de sa capacité à tenir la barre. Ses proches les premiers. Sans parler de ses très proches qui commencent, dit-on, à déborder, comme l’eau du vase, du cadre familiale. Il fait partie d’une génération dont il est presque recommandable d’avoir de la souplesse avec les siens, voir avec tout le monde. N’empêche qu’il avait le joker du jeu en main, le consensus. Les résultats sortis des urnes l’ont donné largement gagnant.
Son ami, le notre désormais, est tout son contraire. Il semble tellement présent qu’on commence, même, à le craindre. Il est redouté par certains, respecté par d’autres. Il est enchainé au réel, à l’instant présent. Il a les godasses bien à terre. Son mysticisme est plus proche du sens originel du mot, mystérieux, que du conventionnel, la connaissance de Dieu. On le croit bien tenir la barre. Les mauvaises langues disent qu’il ne l’a jamais lâché en réalité. Seulement, il lui manque l’essentiel. Il est général et putschiste. Sa légitimité au pouvoir est alors, contrairement à sa compétence, inexistante.
Comme c’est toujours le cas dans les situations difficiles, le dilemme est de taille. Il est entre une légitimité jugée, par certains, peu brillante et une usurpation supposée salvatrice.
Les règles sont, pourtant, claires. Les intérêts aussi. Et ces derniers ne sont pas, apparemment, du coté des premières.
L’intérêt, tout compte fait, semble être avec le mouvement. Et le mouvement est avec l’acceptation du convoi actuel. Un convoi qui est, malgré son illégitimité, au départ. Certes, le président Sidi n’en fera pas partie, mais la Mauritanie vaut bien un essai. Essayons alors cet ami qui semble, tellement, nous vouloir du bien.