Des généraux disciplinés

Publié le par Bien Faisant

 

Un grand poète italien, Cesare Pavese, prétend que : ces philosophes qui croient à  la logique de la vérité n’ont jamais eu à discuter avec une femme. En dépit de ma compréhension  du très  légendaire machisme latin, je ne peux que lui opposer une autre logique beaucoup moins  prévisible.  Celle d’un général qui vient de réussir son putsch. Et pour cause, je ne suis certainement pas le seul citoyen mauritanien  à être   sidéré par la pauvreté de l’argumentation avancée par le Général pour justifier les raisons qui l’ont poussé à    commettre son méfait,  constitutionnellement parlant, le 06/08/2008. 

Deux arguments censés  justifier  le non avenant du décret présidentiel le destituant  furent  particulièrement mis en évidence. L’un est que le décret fut signé  nuitamment, et l’autre est que la décision est prise à  la maison et non au bureau.  Pourtant, ce n’est pas ce qu’on appelle être à  court d’argument.  C’est, au mieux, de ne pas en avoir du tout.

 

Alors, et toujours avec mon imagination débordante, je me suis permis de penser à des célèbres généraux qui ont été mis dans des pareilles conditions et qui se sont comportés  différemment.

J’ai pensé premièrement, prestige oblige,  au grand Général Khaled Ibn El Walid recevant son décret de destitution  par le  khalife Omar durant la  bataille d’El Yarmuk. Khaled, le plus grand Général de tous les temps et maitre suprême  de la guerre éclaire,  s’exécuta  en rendant de plein grès les commandes à  son successeur désigné Abu Ubaida.

 

Je me suis trouvé du coup   exigeant, trop même vous l’avez compris,  avec notre sympathique Général, en le comparant à une  telle sommité militaire et morale. J’ai quitté  donc, en plus  de l’époque,  les rives de la rivière EL Yarmuk  pour celles  de l’Arkansas  pour voir  comment un autre phénomène de l’histoire militaire a reçu  sa lettre de suspension.

 

Je parle du  Général Macarthur. Ce général de l’armée, la plus haute distinction militaire, est   victorieux de trois  guerres majeures  du 20 eme siècle (les deux  guerres mondiales et la guerre de Corée). Et  malgré ses insignes de  l'un des soldats les plus décorés dans l'histoire militaire des États-Unis,  il s’est trouvé  suspendu de toutes ses fonctions par un  président civil, Truman.

 

Ces généraux  ont su,  dans leur grandeur, respecter les règles de leur fonction. Ils ont tout gagné sans jamais  se  soustraire  au premier commandement militaire, la discipline.

 

 

 

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