Audiatur et altera pars
Les romains avaient un très noble vieux principe juridique, qui stipule que, dans un conflit, l’autre partie doit-être entendue. Littéralement, en latin, audiatur et altera pars.
Dans ce conflit actuel qui a atteint son paroxysme avec l’éviction du président Sidi, le 06/08/2008, on a entendu la partie hostile au président sans pour autant entendre la contradiction fournie par ce dernier.
Pour remédier à cette injustice, et pour satisfaire l’avocat du diable qui sommeille en moi, je me suis proposé de prêter ma plume au président Sidi pour répondre à ses détracteurs.
Moi, Sidi Ould cheikh Abdallahi, seul président légitime de la république islamique de Mauritanie, J’ai hérité d’une situation catastrophique sur le plan politique, économique et sociale. Une situation moisie depuis plus de 30 ans. Je me suis engagé, corps et âmes, pour donner le meilleur de moi-même. J’ai fait contre mauvaise fortune bon cœur. J’ai refusé de se soumettre à toutes les revendications illégitimes d’où qu’elles viennent, quitte à froisser ma majorité parlementaire. Une majorité qui s’attendait, de ma part, à un retour sur investissement. J’ai certes récompensé les officiers qui m’ont aidé à arriver au pouvoir car, d’une part, j’estimais qu’ils avaient joué un rôle prédominant dans la restauration de la démocratie en Mauritanie, et de l’autre, je voudrais les pousser à se retirer, avec les honneurs qu’ils méritent, de la vie politique. Je m’y suis trompé, et je comprends qu’on me la reproche. L’amour et la compenstion que j’ai pour tous les mauritaniens ont fait que je me suis occupé, d’abord, par ramener au pays nos compatriotes chassés durant les sombres événements de 1989 au Sénégal. L’idée que je me fais de la démocratie m’a amené à faire tout mon possible pour recevoir et écouter tout le monde. J’ai honoré l’opposition en créant un statut particulier pour elle et spécialement pour son président. Celui, qui, aujourd’hui me rend responsable de tout, pour plaire aux militaires. Je ne prétends pas que j’ai changé le niveau des vies de mauritaniens, mais je refuse qu’on me nie l’intention de vouloir le faire. Ceux qui prétendent que j’ai dilapidé les biens de ce pauvre peuple oublient, peut-être, que j’ai derrière moi un parcours politique de 40 ans qui n'est, nullement, entaché des tels exactions. Ce qui est plutôt rare en Mauritanie.
Aujourd’hui, et devant la gravite de la situation, je me confie à Dieu et j’espère que cette nation aura ce qu’elle mérite. Une paix durable, un niveau de vie acceptable, et une stabilité politique, lui, permettant de se projeter dans l’avenir. Je reste attaché à la mission que le peuple mauritanien m’a confié. Je pardonne à tous et que Dieu protège la Mauritanie.