Le Matelot et les trois mousquetaires
Un ouvrier, matelot de son état, dans le port autonome de Nouakchott dérobe un bon jour un sac de riz et le planque quelque part, en attendant de passer le prendre à la fin de sa journée. Une dure journée de labeur mal récompensé dans ce pays, la Mauritanie, qui ne reconnait et récompense que les grands voleurs. Qu’elle fut grande sa déception en trouvant sa cache vide de son sac de riz. Il rentra alors dans une immense colère tout en pestiférant sur cette situation ou un voleur se fait voler par un autre. Aux questionnements de ses collègues devant cette colère incomprise et, surtout, devant son incapacité à dire la vérité, il ne trouva pas mieux que de répondre par : chaque fois qu’un machin prend un machin et il le met dans un machin, un machin vient et prendre le machin de son machin. A comprendre : chaque fois qu’un matelot vole un sac de riz et il le met dans une cache, un voleur vient et prend le sac de sa cachette.
C’est à cette histoire que j’ai pensé en suivant les explications que nos honorables députés décident de nous fournir sur les vraies origines de ce conflit qui atteint son paroxysme avec cette hémorragie annoncée du parti de la majorité ADIL. Il faut dire que, pour nous communiquer leur mécontentement, ils n’ont pas lésiné sur les moyens. Ils ont prit, en effet, la fine fleure de l’équipe parlementaire frondeuse. Ils sont de l’ordre de trois exactement. Inconnus préalablement du grand public. Très photogéniques, ils ont fait tous les plateaux des télévisions diffusant de la Mauritanie. Il y’en a même qui ont voyagé jusqu’au Qatar pour nous éclairer. Nous expliquer, avec des mots à eux, ce qu’ils ont jugé qu’on doit connaitre sur notre pays à nous. Et ce n’est pas grand-chose. On y comprend juste qu’ils ne sont pas contents, pourquoi ? Ils n’ont pas dit. Parfois même ils se contredisent. Ils disent aujourd’hui le contraire de ce qu’ils ont dit la veille. Ils sont sympathiques et drôles dans certaines situations. Surtout lorsqu’il s’agit de parler du rôle des militaires dans leur mouvement de « jeunes-gens pas contents. » Ils sont suffisamment malins pour éviter de se montrer avec certaines figures de la corruption, qui font partie de leur fronde d’honnêtes-gens. Il faut le comprendre, ils essayent, malgré tout, de garder un semblant de logique dans leur discours. Et ce n’est pas facile. Ils reprochent au gouvernement Elwaghf I de composer avec les petits partis de la majorité, eux ils composent, tenez vous bien, avec le grand parti de l’opposition. Ils s’offusquent contre Romouz el Vessad, tout en s’affichant ave toute la racaille de Taya. Ils donnent des leçons de démocratie, tout en se laissant manipuler par les Généraux. Bref, ils se montrent particulièrement attachants. Comme des petits écoliers qui n’ont pas fait leur devoir.
Ils sont exigeants sur leurs tenues vestimentaires. Ils commencent à prendre gout à leur rôle de porte-voix des militaires. Ils ont quelque chose de supplétifs. Pour leur roi de Général, ils jouent bien leur rôle de trois mousquetaires.