Le 03 Aout 2005: Le Bal Masqué

Publié le par Bien Faisant

Une des caractéristiques majeures des bals masqués consiste à ne pas connaitre les participants à leur vraie identité. C’est exactement  à  un bal pareil que   les mauritaniens  ont cru participer ce 3 aout 2005, en apprenant les auteurs du putsch. Les personnes citées comme étant les nouveaux sauveurs  du pays ne sont que les proches  fidèles amis de Taya. Des personnalités qui n’ont pas brillées particulièrement   par leur droiture et leur  honnêteté. La haine et le mépris que les mauritaniens avaient pour Taya ont  primées   sur la prudence et  le recul nécessaires pour juger la situation à  sa juste valeur. L’heure  fut à  la fête. Espoir et optimisme ont, tellement, enivré  les esprits  qu’on a oublié  le passé  des certains  membres du CMJD.

 

Des notes discordantes n’ont pas tardé à se faire distinguer parmi le tempo général de la danse.   On commence alors à se douter sur le vrai maestro du bal. Tout est confus. La grande muette était de la partie. Il fallait déchiffrer, et surtout attendre. Le volontarisme des certains membres du CMJD était au crédit de leur jeunesse. La sérénité communiquée par l’homme choisi pour porter le masque du roi rassurait tout le monde. Il faut dire que l’homme savait se tenir comme un Officier. Son long passage chez  les officines de l’état n’a pas, dit-on, corrompu l’âme d’officier qui a toujours eu. La valse qui a présidée était la plus synchronisée. La plus convaincante. Chacun  se contentait de son rôle. De sa place. Et tout le monde savait le souci de la discipline de l’Officier.

A la fin de sa valse, l’Officier se retira, sous les applaudissements des invités. Mêmes ceux qui n’ont pas l’habitude de se courber  se sont inclinés au passage de  l’imposant cortège qui l’accompagne vers sa loge.

Une autre valse commença alors. Moins brillante que la précédente, elle a vite récupéré  l’ancien nom de la célébration : Mascarade.  Malgré que le masque soit, cette fois-ci, donné délibérément à un homme, ce dernier n’arrive pas à imposer son rythme.  Il hésite. Il réfléchit.

Il oublit que gouverner c’est trancher.  Il se fait bousculer en plein piste par les compagnons de l’Officier, décidés à  rester  toute  la nuit. Les conflits éclatent. Les secrets se divulguent.  On apprend, par exemple, que le masque n’a pas été loyalement donné à l’homme. Que d’autres l’ont aidé à l’avoir. Qu’ils demandent, en conséquence, des privilèges.  Trop à  son gout. Qu’ils lui menacent de reprendre leur masque. La fête est gâchée. Les espoirs s’évaporent. La politique commence à prendre le dessus sur la musique. Et  la politique ne nous intéresse pas. N’est-ce pas ?

 

 

 

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