Le 2 Aout 1990 : Un jour, une histoire
Impossible, vérifiez vos sources. C’est par cette phrase que le chef de la diplomatie soviétique de l’époque, Edouard Chevardnadze, répondit à son hôte et interlocuteur le très médiatique secrétaire d’état américain, James Baker, lorsque ce dernier l’informa de l’invasion irakienne du Koweït. Chacun vérifia l’information de sa part en se basant sur son propre service de renseignement, excusez du peu, le KGB pour l’un et la CIA pour l’autre.
Les informations sont, cette fois-ci, sûres, formelles et concordantes : L’élite de l’armée irakienne vient de prendre position devant tous les centres névralgiques de l’émirat-capitale Koweït. Il est 2h du matin, le 2 Aout 1990.
Tandis que les russes, accablés par des conditions internes catastrophiques, ont compris que c’est certainement la crise de trop qui n’arriveront pas à gérer, l’aigle blanc américain commence à saliver devant ce gibier tant convoité et qui se présente à lui soudainement.
En Mauritanie, dès le lever du jour, l’information fera le tour de la capitale, les villes, et même les campements du Pays. Jamais un événement n’a été suivi avec tel ampleur et pareil intérêt.
Je me rappelle personnellement qu’elle fut la seule information politique que mon père m’a communiquée durant toute sa vie.
Le brave peuple a vite choisi son camp, le camp irakien. Il y voit une action contre les américains, les impérialistes, et les réactionnaires arabes. La vitesse avec laquelle la quatrième armée du monde (sic) s’est emparée du Koweït caresse leurs aspirations froissées par une longue série des défaites humiliantes.
Le gouvernement, lui, s’est trouvé dans un embarras incommensurable. Le Koweït fut long temps l’un de plus grand bailleur des fonds de la Mauritanie. De la radio, à la télévision, jusqu’aux salaires des fonctionnaires, leur argent fut d’une grande utilité. Mais, l’armement irakien a passé par la aussi. Durant notre conflit avec le Sénégal, seul l’Irak s’est montré solidaire avec la Mauritanie. Trois mois de couvre-feu ont été nécessaires pour acheminer l’armement irakien du port de Nouakchott vers sa destination finale. Casernes ou frontières, c’est selon.
Sans oublier l’entrainement et la constitution d’une unité d’élite spécialisée dans la protection du président, et de la présidence, de la république. Cette même unité qui, le 3 aout 2005, verrouillât les entrées du pouvoir au profit de son commandant, devenu entre temps Général.
Alors entre ces deux bienfaiteurs, Taya a choisi la politique de l’autruche. Durant toute la période du conflit, les medias officiels mauritaniens n’en font même pas un seul écho. Inexistant pour eux. Avec la fin malheureuse de ce conflit, les relations de la Mauritanie avec les pays du Gulf passa par une longue période de turbulence, jetant Taya dans les bras des américains et, par procuration, israéliens. Ce qui a précipité sa chute sur les mains de cette unité de garde républicaine mauritanienne formée et entrainée par les irakiens. La loi des séries impose que le 04 aout doit compter aussi dans l’histoire du pays. Est-ce le prochain ?