Le Président, les Frondeurs, et les Haricots

Publié le par Bien Faisant

 

 

Un proverbe populaire moyen oriental, syrien plus précisément,  est souvent utilisé  pour illustrer les cas  des litiges dont les vraies raisons restent obscures.  L’origine de ce proverbe;  est l’histoire d’un homme qui,  rentrant un bon jour chez lui, trouve sa femme avec un autre, dans une situation compromettante. Furieux, notre héro malheureux court derrière l’intrus pour le punir. Dans sa fuite, l’intrus passe par le  potager de la maison et tire une tige de haricots. Les passants qui voyaient   notre cocu  dans une situation de fureur  inhabituelle, lui disent : tout ca à cause d’une tige de haricots. Sa réponse fut alors : « Lui et moi on sait pourquoi, et pour les autres  c’est à  cause   des haricots. »

C’est   à ce proverbe que j’ai pensé  en voyant cette mascarade désolante  à laquelle on assiste depuis quelques semaines.

 

A quoi assistons-nous exactement ? Des Roumouz qui s’insurgent contre d’autres Roumouz.

Des parlementaires contre d’autres parlementaires. Une majorité contre une autre majorité. Une opposition contre une autre opposition.  Un vrai déchirement incompréhensible et inexplicable.  

 

Quelle explication nous donne-t-on ?  Le président n’a pas respecté le programme pour lequel il a été élu. Ce qui est à l’ origine de  la révolte de son camp. Un camp plus royaliste que le roi, en quelque sorte. Seulement, ledit camp sait, et nous aussi, que le président n’avait pas de programme. Qu’il est élu par élimination, par défaut. Pour rassurer certains. Ceux  mêmes qui sont les plus inquiétés aujourd’hui.

La fondation KB, en l’occurrence la tige de haricots de notre conflit, n’est qu’un prétexte que ceux qui ne connaissent pas les vraies raisons  doivent prendre comme explication. Ou au moins l’explication qu’on peut leur donner.  Les vraies raisons, elles, sont toutes autres. Et nos hommes politiques, tous bords confondus, ne s’en sortent pas agrandis, une fois ces raisons connues. Les frondeurs y compris.

 

Que peut-on faire alors ? Sans être dupes ou naïfs, sans parier sur une bonne gestion de ladite fondation, on est obligé, en tant que  démocrates, d’appuyer la légitimité démocratique du président de la république. C’est la seule bouée de sauvetage que ce peuple meurtri  a, à  sa  portée,  dans cet océan des malheurs qui s’annonce. Ce président qui est censé être rassurant  et qui commence, vraiment,  à nous inquiéter par un détachement mystique incompatible avec la fonction qui a prétendu pouvoir occuper.

 

Qu’exigeons-nous concrètement ? La vérité.  Toute  la vérité sur cette médiocre pièce de théâtre, à  plusieurs actes, et  à  la quelle on assiste actuellement.

Il est grand temps de nous fournir d’autres explications. Quant aux Haricots,  les affamés que nous sommes, les ont mangés. 

 

 

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