Bloc-notes: Un président sous hypothèse
Si On croit, comme les agents occidentaux, que la solitude est à l’origine de la grande dépression nerveuse que Staline connut, à la fin de sa vie, on se montrera certainement très solidaire avec le président Sidi. Si la fameuse solitude du pouvoir a pu toucher Staline, lui qui est venu à bout de tous ses opposants dans l’immense empire soviétique, comment imaginer, un instant, qu’elle ne se soit pas, déjà, emparée du président Sidi, lui qui n’a, apparemment, aucun allié au sein de sa majorité. Voila, en effet, deux semaines que se président, élu par la majorité du peuple mauritanien, est attaqué de tous bords et personne n’est venu, jusqu'à présent, à son secours. Est-ce possible, arithmétiquement parlant ? Oui, ca s’appelle le calcul sous hypothèse initiale. Une hypothèse qui est l’appui des militaires pour sa candidature. En absence de cette dernière, le calcul ne va plus. Et la moitié du peuple mauritanien devient, subitement, nulle. La bonne nouvelle est que dès que l’hypothèse tient, tout le monde deviendra de nouveau avec lui. Ce qui fait que ce n’est pas seulement notre président qui est sous hypothèse, mais, très probablement, notre démocratie aussi.
Juillet
Si l’empereur Jules César sut les malheurs qui s’abattront sur ses collègues, chefs d’états, durant le mois de Juillet, il n’aurait certainement pas accepté que ce mois porte son nom. La relation entre le mois de Juillet et les révoltes populaires, comme la révolution française, ou les coups d’états, comme celui des officiers libres en Egypte, le 23 juillet 1952 ou celui des militaires en Mauritanie, le 10 juillet 1978, est certainement une relation à étudier de très prés par les spécialistes de la philosophie de l’histoire. Car on ne peut plus regarder la présence de ce mois, dans l’histoire de l’humanité, d’une façon complètement fortuite. En parlant, justement du coup d’état de 10 Juillet 1978, dont on célébrera le jeudi prochain le trentenaire, il est à noter que cette célébration interviendra dans un moment ou on ne sait pas, avec certitude, si les militaires sont toujours au pouvoir ou, au contraire, on est dans un régime civile démocratiquement élu.