Un regard mauritanien sur le conflit israélo-palestinien
Le conflit israélo-palestinien ! Voila un conflit qui intéresse énormément les Mauritaniens, au point d’être le conflit qui a initié nos hommes politiques à la politique et nos hommes de lettres et cultures à la lecture et l’écriture. Il est certain que ce conflit, comme l’était dans le passé celui de la lutte des noires d’Afrique du sud, a souvent primé même sur nos très nombreux problèmes nationaux jusqu'à obliger nos dirigeants prétendant à la haute magistrature de s’y prononcer et d’y prendre position. Alors parlons-en un peu. Il est vrai que ce conflit prend en ce moment des tournants tragiques pour les protagonistes, et surtout pour les Palestiniens comme étant le camp pour lequel le rapport de force est moins favorable. N’empêche qu’à long terme il n’y a pas de suspense sur la finalité de ce conflit.
En effet l’Histoire est pleine d’exemple de cette nature qui sous des aspects différents ont tous abouti au même résultat : l’échec. Les historiens ont constaté, les médecins immunologues comprendrons peut-être plus, que l’introduction d’un corps étranger dans un autre déclenchera automatiquement une lutte à mort qui finira souvent par la destruction de l’intrus.
C’était ainsi avec le royaume latin de Jérusalem démonté après deux siècles d’existence. Un autre exemple qui nous concernait plus, car nos parents y ont joué un rôle important, c’est l’Espagne musulmane ou après huit siècles d’existence les Musulmans ont été obligés de plier bagage et partir.
La seule énigme dans le conflit israélo-palestinien, si énigme elle y a, c’est de savoir quel record les Israéliens vont dépasser. Est-ce celui des Francs de Jérusalem ou celui des Arabes d’Espagne ? Autrement dit, vont-il rester deux siècles ou huit siècles en Palestine ? Penser, même pour un court instant, à une éventuelle existence pérenne pour l’état d’Israël sous sa forme actuelle est une preuve considérable d’absence de lucidité.
Même si « comprendre, c’est presque justifier » disait Primo Levi, on ne peut qu’essayer de comprendre la volonté d’un peuple de se rassembler sur une terre très sacrée dans sa mythologie. Par contre la justice n’admet, en aucun cas, que cela se fasse au détriment d’un autre peuple déjà installer sur cette terre depuis des milliers d’années.
Il est certain que la création de l’état d’Israël est faite dans le sang et la douleur pour les populations arabes et musulmanes du Moyen Orient. N’empêche que l’humiliation de la défaite a joué le rôle d’un réveil indispensable pour des populations qui, sortant à peine d’une longue bédouinité, se sont subitement trouvés devant un choix Shakespearien, exister ou mourir.
C’est ce même rôle que Carthage a jadis joué, malgré elle, pour Rome après l’humiliation de la série des défaites que Rome a subi et dont la plus grande était celle de Canne. On peut sans aucun doute comparer actuellement Israël à Carthage s’attaquant à Rome. On sait tous à quel point c’est fut terrible la contre attaque de l’empire.