La politique marchande.
On n'a pas attendu Cresus pour savoir que la politique et l'argent vont de pair. On n'a pas, non plus, attendu cette campagne électorale pour comprendre que l'appui financier est indispensable pour remporter une élection, particulièrement si elle est présidentielle. Seulement, dans la campagne actuelle, la proximité ostentatoire entre nos candidats et des hommes issus du milieu financier a battu tous les records, et, moralité oblige, choqué plus d'un. Désormais, on ne se gène plus, comme jadis, pour s'afficher avec les Rockefellers nationaux. Ces mêmes Rockefellers dont les richesse démesurées contrastent ostensiblement avec l'extrême pauvreté de la majorité de la population mauritanienne.
Cela dit, on connaît bien le peuple mauritanien, spécialement son penchant commercial. A l'instar de celui de l'homme de pouvoir pour vendre de l'autorité, le chef de tribu pour vendre du cousinage, ou même celui de l'homme de religion pour vendre le salut et le paradis éternel. Bref, en Mauritanie, plus qu'ailleurs de par le monde, chacun vend ou achète quelque chose.
Si on peut bien comprendre qu'en ce temps d'épreuve il est bien normal pour un peuple de s'appuyer sur ses fondamentaux, il l'est beaucoup moins quant il s'agit de la politique.
Et il est, aussi, de la naïveté de croire que les Mauritaniens ne savent pas que cette marchandisation politique n'est pas sans un retour de bâton nuisible aux intérêts du Pays. En effet, avec cette dernière, on risque d'avoir, le 18 Juillet prochain, un président élu qui n'est rien d'autre qu'un représentant commercial de plus pour ces magnats de l'économie national qui sont, apparemment, les vrais chefs de la Mauritanie.
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