Bloc-notes : l'exploit!
J'ai toujours eu foi dans l'homme mauritanien. Peut-être pas dans son honnêteté, ni dans sa bravoure d'ailleurs, mais plutôt dans son instinct paisible et profondément pacifiste. Ce même instinct qui a fini, certes après moulte hésitations, par prendre le dessus sur cette crise, beaucoup plus dangereuse que ce que certains pensent.
Disons le clairement, dans cette crise, il n'y a pas eu de perdant.
Le Général a fini par avoir raison sur lui même, beaucoup plus difficile que de l'avoir sur les autres. Les orgueilleux, comme notre Général, comprendront. Quant à l'opposition, elle a donné une leçon de démocratie et, surtout, de militantisme qu'on ne soupçonnait même pas dans ses livres de chevet. Excusez ma mauvaise foi. En fin, le peuple mauritanien, malgré l'état catastrophique hérité de la crise, s'en est sorti agrandi. Agrandi, en effet, par une expérience démocratique on ne peut plus difficile et plus problématique. Avant on avait la voiture, maintenant on sait changer la roue. l'exploit!
Le Sénégal, Jerejef !
Le voisinage est une question de hasard. Et dans le hasard, comme avec le mal, il y a le malin et le bénin.
Le voisinage malin est celui de ces pauvres Palestiniens et Irakiens, qui ont pour voisins, respectivement, Israel et l'Iran. Peut-être que c'est parce que, selon Gandhi, l'homme qui est fier de sa vertu devient souvent un fléau pour ses voisins.
L'autre hasard, le bénin, est certainement le notre. Il est d'avoir le Sénégal comme voisin. On ne peut, en effet, que remercier Dieu pour ce hasard géographique. Et pour cause ce pays n'a cessé de nous épauler dans notre marche, à petit-pas, vers l'état de droit. Avec même, parfois, beaucoup de miséricorde.
Même si sa dernière médiation dans notre crise fratricide n'est qu'une étape entre tant d'autres depuis l'indépendance de la Mauritanie, elle est néanmoins cruciale dans l'histoire de nos deux pays. Et c'est justement, pour celle-ci, que nous lui diront Jerejef.
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