La relève
La hâte engendre en tout l’erreur, et de l’erreur sort bien souvent le désastre. C’est ainsi que le grand Hérodote résume l’histoire de l’humanité. Si cet historien, fondateur de cette discipline, a vécu dans le V eme siècle avant Jésus Christ, les événements n’ont jamais cessé, jours après jours, de lui donner raison. Parmi ces événements pris à la hâte, et qui ont engendré des désastres, la décision du Général Aziz de mettre fin au processus démocratique en Mauritanie risque de figurer, sous peu, en bonne place. Outre la régression considérable sur le plan des libertés individuelles que le Pays connait actuellement, les menaces américano-européennes, annoncées pour la mi-novembre, risquent, en effet, de bousculer le fragile équilibre économique et social du Pays.
Si la responsabilité de cette situation désastreuse incombe, d’abord, aux généraux putschistes, les forces vives du Pays ne sont pas exemptes de tout reproche. C‘est L’incapacité de ces forces à occuper, pleinement, le terrain politique qui est l’origine du boulevard ouvert aux militaires.
Cette crise aura, au moins, le mérite de faire tourner la page de la génération poste indépendance qui s’accroche au pouvoir depuis la création de l’Etat mauritanien. Une autre de plus jeune et plus moderne a décidé de couper le cordon ombilical avec cette génération omniprésente dont la faillite morale et politique est indéniable. Il incombe alors, à celle-ci, la responsabilité, ainsi que le devoir, d’assurer la relève. Une relève tardive, certes, mais mieux vaut tard que jamais.