Justice pour le Général Aziz
Rendez le bien pour le bien et la justice pour le mal, disait le grand Confucius. Et le renversement du président Sidi est certainement un mal incommensurable que le peuple mauritanien a subi, et continu à subir, dans ce qu’il a de plus chère et plus intime, son unité et son processus démocratique. Fidèle aux enseignements de ce sage oriental, j’ai décidé alors de rendre justice au Général Aziz, responsable premier de cette situation.
Le mal ambiant, talon d’Achille des hommes influents en Mauritanie, à savoir la corruption et l’enrichissement illicite, n’a pas réussi à prendre l’ascendant sur lui. Il compte, au moins jusqu'à présent, parmi les rares hommes influents qui ne sont pas réputés corrompus. Il a même une qualité, qui peut-être aussi un défaut, pas très compatible avec la corruption, je veux parler de son orgueil. L’homme est effectivement réputé très orgueilleux ce qui pousse souvent ses interlocuteurs à ne pas évoquer des sujets dégradants, ou qui peuvent-être jugés tels par certains, comme l’argent et la corruption.
Sa longue carrière militaire l’a rendu simple et proche de plus pauvres. C’est ce qui explique sa facilité à communiquer avec les plus démunis ainsi que son réel intérêt pour eux. Il est dans ce registre, le seul président mauritanien qui s’est invité chez les laissés-pour-compte de la capitale. Il a vu de ses propres yeux leur détresse qui signifie la gravité de ses responsabilités. Ce qui le différencie avec ses prédécesseurs, habitués, eux, aux voyages arrangés et aux luxures des palais de la capitale.
Il est, enfin, un facteur déclencheur de cet élan national qui s’est mis en marche le 03/08/2005, permettant aux mauritaniens de rêver, d’espérer, et d’œuvrer pour un avenir commun meilleur.
Il est, sans aucun doute, l’un de ces hommes qui ont marqué, dans un sens ou dans un autre, l’histoire du pays par ses actions constructives et, aussi, par celles qui sont nettement moindres.
C’est en fin de compte un homme qu’on aurait bien aimé connaitre dans d’autres circonstances. Espérons que la Mauritanie ne le perde pas et qu’elle profite, prochainement, de son volontarisme ainsi que de son souci de bien faire, dans un cadre légal et légitime cette fois-ci, bien sûr.