FNDD VS Militaires : La Victoire sera à la Pyrrhus
"Une autre victoire comme celle-ci, et nous sommes perdus ." Pyrrhus.
Les deux camps sont déterminés à s’affronter jusqu’au bout. Chaque camp sait que la victoire de l’un signifie une longue traversée du désert pour les membres de l’autre. À défaut d’arriver à un consensus pour le début du mois béni de Ramadan, tout semble indiquer en effet que la lutte sera sans merci. Pourtant, dans cette bataille annoncée, personne ne s’en sortira vraiment gagnant. Ce sera, au mieux, ce qu’on appelle une victoire à la Pyrrhus.
Pour les militaires, ils perdront dans cette lutte toute possibilité de convaincre la communauté internationale sur le bienfondé de leur action. Ils perdront aussi le temps nécessaire pour affronter une situation nationale qui s’empire de jour en jour et qui risque d’atteindre le point de non-retour avec les embargos qui s’annoncent. Ils perdront, enfin, et selon les moyens de rétorsion qui vont entreprendre contre leurs détracteurs, la crédibilité aux yeux des civiles, partis politiques et parlementaires qui les soutiennent. Il faut dire que la monopolisation actuelle des medias publics frôle le ridicule et desserve leur cause plus qu’elle en serve.
Quant au front pour la démocratie, les dangers sont d’une autre nature. Les accolades de façades entre des anciens communistes et des nouveaux islamistes, certes trop modérés, risquent ne pas s’éterniser. S’ils ont, aujourd’hui, beaucoup des facilités à se regrouper derrière un président qui les a favorisés, trouver un terrain d’entente mutuelle sera d’une autre complexité. Sans parler de la cassure déjà consommée au sein de leur bloque d’alliances traditionnel. En résumé, même en cas de victoire, il leur sera impossible de gouverner ensemble.
Vous l’avez compris, dans cette lutte à la Pyrrhus, et à l’instar de deux belligérants, personne ne s’en sortira vainqueur. L’idéale serait, seulement, de diminuer les dégâts. La mauvaise idée, que certains ont eu, d’influencer sur le cours de la première transition s’avère, en fin des comptes, catastrophique pour la Mauritanie.