Adil : Du Parti- État au Parti-État-Major

Publié le par Bien Faisant

              

 

 

Le parti-état qu’on a longtemps fustigé s’est transformé,  d’une façon  inquiétante, à un parti-état-major.  Une manière de nous rappeler que le pire n’est pas,  forcement, derrière nous. A l’exemple de cette nostalgie générale, que  les mauritaniens vivent actuellement,   pour   l’ex première dame à chaque fois que l’actuelle fait, ou dit,  quelque chose.

 

Cette transformation s’est  faite aussi rapidement que la création du dit parti. Voir même plus rapidement que la création de la fondation de la dite première dame.

 

Les choses sont désormais claires. Il y a bien, en effet,  deux camps qui s’affrontent. Un camp présidentiel et un autre, mal défini, militaro-parlementaire.

 

 

Chaque camp a ses vérités, ses raisons et ses arguments. Et les choses ne sont pas, tout compte fait, aussi simples qu’on veut bien nous faire croire.  Il n’y a pas  d’un cote, seulement,  la légitimité démocratique sortie des urnes, et de l’autre, uniquement,  des commandos armés prés à découdre avec le président en envoyant, au premier lieu,  des  parlementaires embrigadés   pour déminer le terrain avant leur passage.

 

Les partisans des militaires, dont le nom de guerre est les frondeurs, avancent l’argument selon lequel ces derniers sont les pères de la démocratie mauritanienne.  Une démocratie qui ne serait pas possible sans eux. Ainsi, leur manouvre  actuel, n’est qu’une manière de protection affective à  l’égard de  ce bébé qui ont vu naitre, ou qui ont procréé. Sans oublier, évidement, de sortir la pièce maitresse de leur raisonnement qui est l’hostilité affichée de ces militaires à  l’encontre des Roumouz el Vessad, ou au moins à  une partie de ces derniers.

 

Le camp présidentiel, lui, avance la légitimité démocratique sortie des urnes. Source suprême en droit de toutes les démocraties qui se respectent. Réfutant les arguments des frondeurs, qui ne sont pour eux que des déçus de distribution des portefeuilles ministériels.

Reste à noter que par les temps qui courent, il est plus facile de tomber sur un hippopotame dans les rues de Nouakchott que sur un partisan du président. Camouflage réussi ? Allez savoir.

 

 

Le peuple mauritanien a eu un mauvais pressentiment à la création de ce parti-état.  Il a su,  à  juste titre, que sa démocratie chérie est née boiteuse.  Maintenant, et avec la création de ce parti état-major, il  a compris que le diktat militaire est toujours de la partie. Positivement ou négativement ? Les jours nous diront.

 

 

 

Lucidement parlant, le choix qui s’impose au peuple mauritanien actuellement est un choix entre une mauvaise démocratie et une bonne « démocrature ».  Que choisir ?

Publicité
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article