Bloc-notes : Une ambassade dans la capitale
Un film humoristique égyptien a fait parler de lui récemment dans le monde arabe. Ce film traite d’une façon extrêmement drôle la présence de l’ambassade israélienne dans un immeuble du Caire et, surtout, le refus des habitants de l’immeuble de leurs nouveaux voisins israéliens. D’où son nom « Une ambassade dans l’immeuble ». Par exemple, un play boy, joué par Adel Imam, amène un jour une femme de petite vertu dans son appartement situé dans l’immeuble. Après un concours des circonstances rocambolesques, cette dernière rentre dans une crise hystérique en apprenant qu’elle est dans une chambre voisine de l’ambassade d’Israël. Scandalisée, elle quitte aussitôt l’homme en le traitant de tous les noms des oiseaux. Curieuse, et surtout inattendue, leçon de vertu.
Je n’ai pu m’empêcher de penser à cette scène en apprenant que quelques hommes politiques mauritaniens ont quitté, subitement, une invitation organisée par l’ambassadeur égyptien arguant la présence de l’ambassadeur d’Israël en Mauritanie parmi les invités. Parmi ces hommes, il ya les représentants des certains partis politiques siégeant dans tous les gouvernements que la Mauritanie a connus depuis 2001. Ce qui prouve que leur indignation est complètement sélective. Sinon ils auraient claqué les portes des ces gouvernements qui sont les responsables premiers de la présence de cette ambassade à Nouakchott. Dans ce jeu de l’indignation à moindre cout, il est clair que rater un diner est moins coutant que de rater un poste ministériel. Sans parler de ce fâcheux comportement, complètement étranger au peuple mauritanien, qui est de demander à ses hôtes la liste des autres invités pour l’approuver. Il faut savoir faire les choses avec modération et surtout dans les règles. Et les règles stipulent que cet ambassadeur est, après tout, notre invité, jusqu'à la rupture des relations diplomatiques entre nos deux pays. Pour cela il faut, chers messieurs, s’indigner au parlement et au conseil des ministres, pas dans les diners mondains
Une démocratie sans démocrates ?
C’est dans l’adversité que les hommes se montrent sur leur vraie nature. Et la petite démocratie mauritanienne n’a pas attendu longtemps pour sombrer dans une crise, laissant les portes grandes ouvertes à toutes sortes d’adversités : politiques, personnelles, et sociales. Il faut dire que notre démocratie est issue d’une crise de gouvernance. Et elle est redressée, jusqu'à présent, par une autre. Cette dernière crise nous a appris sur nous même et surtout sur nos élites nationales. Voila, en effet, un groupe des parlementaires qui sort du consensus républicain, pour des raisons complètement personnelles, menaçant le président de destitution, pour s’effacer aussitôt, ses doléances exhaussées. Tout en s’appuyant sur les militaires pour faire pression sur la légitimité démocratique sortie des urnes. Et cela au vu et au su de tout le monde. Spécialement d’une opposition, dite démocratique, qui se comporte d’une façon plus qu’opportuniste. Quitte à manœuvrer contre le courant démocratique. Et dont le président finit par déclarer qu’il est prêt à dialoguer avec les militaires au lieu du président élu. Cette crise nous apprend ce qui suit : même si on a bâti une démocratie, les démocrates, eux, font toujours défaut.