Le tireur embusqué
Dans les ruelles de Beirut, et au delà de Beirut, sur les hauteurs de la montagne du Liban, les pionniers du nouveau militantisme moyen oriental ont tenu en échec les aspirations belliqueuses de nouveaux conservateurs américains. Ils sont, majoritairement, des jeunes gens, pour ne pas dire des enfants, quitte à offenser le vieux Hugo qui pretendait que : dans les grands jours, les enfants sont des hommes. Ils ont fait basculer l’histoire de leur région à leur avantage en donnant une solution d’Alexandre à un épineux problème avec des ramifications mondiales. Contrairement à l’habitude, ces grands jours ont passé sous silence incompris par certains et ignorés, délibérément, par les autres.
Cette semaine de mi-mai n’est pas sans nous rappeler la semaine qui a précédé l’intervention Franco-britannique de Suez, en Novembre 1956. Une semaine qui a marqué, elle aussi, un tournant dans l’histoire de la région et dans l’histoire mondiale en consacrant les États-Unis comme la plus grande puissance occidentale. Ces derniers avaient montré, à l’époque, une grande sagesse politique en laissant leurs alliés agir, tout en occupant les russes par les événements de Budapest. Ce qui les a permit, tout en restant derrière les coulisses, de rafler la mise en fin de compte, en chassant les français et les britanniques d’une région considérée comme étant le centre du monde.
Ils ont su qu’au moyen orient il ne faut surtout pas prendre l’initiative vu la complexité de la donne politique, religieuse et culturelle. C’est cette même sagesse qui leur fait défaut actuellement. Ils sont sortis de leur cachette, et ils ont pris l’initiative. Deux erreurs impardonnables que le nouveau tireur embusqué du moyen orient, l’Iran, a su détourner à son avantage.