La Mauritanie : Entre Plaines et Savanes

Publié le par Bien Faisant

                                             

 On ne peut que se réjouir de la visite du président Sidioca à Dakar ainsi que des  recommandations qu’il a donné dans le dernier conseil des ministres pour renforcer les relations bilatérales  entre pays de l’union africaine. Il prouve par cela  qu’il a  une vision juste et réaliste de la Mauritanie, contrairement à son prédécesseur  Taya. Une vision qui prend en considération  la nature géostratégique du pays et qui est en parfaite adéquation avec  son entourage historique, culturel, économique et politique.

Il faut noter que l’Union du Maghreb Arabe est très mise à mal par la guerre froide que les deux grands pays de l’union mènent mutuellement : l’Algérie et le Maroc. Penser que l’UMA peut réussir sans une réconciliation entre ces deux pays est comparable à une possibilité de l’union européenne sans une réconciliation préalable entre la France et l’Allemagne. La situation de ce Maghreb Arabe va s’empirer avec les intentions que le président Sarkozy lui voue. En effet, le baiser de judas que  Sarkozy veut donner  à l’UMA porte un nom : l’Union Méditerranéenne. Cette union qui ne  sert que la vision binaire de Sarkozy pour le monde, une vision qui rejoint, pour pas mal des points,  la vision  du  président Bush. Le but déclaré de ce projet, mal défini et mal expliqué,   c’est  lutter contre l’immigration clandestine avec un espoir de faire des pays du Maghreb  un gendarme d’accueil pour les européens.  Le but caché est beaucoup plus sarkozyste. Il consiste à détourner le refus des algériens de singer un contrat d’amitié avec la France tant que celle-ci ne s’est pas excuser pour les crimes de la colonisation en Algérie.  Un contrat  qui donne a la france le sesame d'accesion aux tres convoites milliards  du tresor algerien.
De même, il esquive  la demande turque d’intégration européenne en lui proposant, et d’une façon magistrale,  un espace de souveraineté comparable à  celui de l’Empire  Ottoman, tout en essayant d’intégrer sa chère  Israël dans se nouveau ‘’truc’’ méditerranéen. Seulement, « C'est de la confiance que naît la trahison » et les magrébins ne font pas confiance à la France de Sarkozy, et ils l’ont fait savoir par la façon la plus brute possible, à l’instar  des marocains qui ont refusé de le recevoir.

La question qui nous intéresse nous les mauritaniens c’est de savoir si on était de la partie ? La réponse est oui. Même si nos rivages méditerranéens sont inexistants, le rôle du gendarme qu’on a commencé à jouer  contre l’immigration subsaharienne est très  important pour nous laisser sur la touche. Le Maroc, très enchanté par l’alignement de la Mauritanie sur sa position    dans le conflit du Sahara, est décidé à nous embarquer avec lui dans cette aventure, ou au moins dans les négociations pour celle-ci. Une visite, dans ce sens, d’un grand officiel français verra le jour à   la rentrée prochaine.

Moralité de l’histoire,  pour surmonter  le mal de mer qui risque de toucher tous les aventuriers de cette union méditerranéenne, on rappelle l’expression anglaise : « Remède contre le mal de mer : asseyez-vous sous un arbre ». L’arbre du désert et de la savane africaine. Bravo Sidioca.

 

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