J’accuse !
La machine judicaire mauritanienne s’ébranle, ces jours ci à Nouakchott, d’une façon sans précédente et plus qu’impressionnante. L’objet de cet emballement est quelques figures journalistiques, connues dans le pays, soupçonnées d’avoir calomnié quelques personnalités notoires du milieu politique et financier.
Il est vrai que toute personne, quelque soit-elle, a droit à l’équité dans le traitement journalistique. N’empêche que les procédures judicaires entreprises ont pris un tournant plus proche de l’acharnement que tout autre chose.
Dans un Pays ou les assassins, les pilleurs du bien public et les tortionnaires ont pignon sur rue, comment est-il possible que les journalistes soient poursuivis ? Le mot est-il plus grave et plus destructeur que la gabegie générale qui a ruiné le pays pendant des décennies ? Est-ce que la flatterie de quelques égaux surdimensionnés est plus primordiale et plus importante que de rendre justice à nos concitoyens déportés et qui attendent sur les frontières du pays pour pouvoir retourner chez eux.
Il me semble évident que ces procès ont pour but de mettre à genoux une institution qui a joué, jadis, un rôle important et primordial pour l’instauration d’un éventuel état de droit et justice en Mauritanie.
Toute poursuite judiciaire contre des journalistes est ridicule et vide de sens tant que les vrais criminels se baladent dans les rues exhibant les prises de leurs méfaits : voitures, maisons et troupeaux de chameaux.
J’accuse le nouveau pouvoir, judiciaire et politique, en Mauritanie de faire la politique de la poudre aux yeux, pour dissimiler son incapacité à traduire en justice les vrais criminels, tortionnaires et assassins qui ont sévit durant la période de Taya.
J’accuse ce même pouvoir d’entreprendre une opération de réhabilitation à l’encontre de ces derniers, en l’injectant de nouveaux dans le circuit étatique et à très haut niveau.
J’accuse, enfin, ce pouvoir de vouloir intimider l’instituions journalistique qui, malgré ses brebis galeuses, reste le seul contre pouvoir permettant le contrôle et la surveillance sur un système représentant une majorité écrasante dans le parlement, le gouvernement, et les cadres de l’état.