Gare à vous, mon Général!
Tout petit, en récitant le saint-coran, une chose particulière a attiré mon attention : les grands rois, dont l'histoire y est révélée à titre d'exemple, avaient tous un point commun qui a fait qu'ils sont devenus le maîtres de leur temps. : ils étaient tous entourés par des grands conseillers qui leur disaient la vérité, toute la vérité, quitte à les froisser ou à les contredire. C'est ainsi qu'un homme faible d'esprit comme le Pharaon de Moise, probablement Ramses II, est devenu ce qu'il est grâce à des conseillers qui n'hésitaient pas à aller contre sa volonté pour lui demander d'épargner Moise et son frère, Aaron. Et lui préconisaient de rassembler les sorciers du royaume pour le battre dans sa propre discipline, la magie. Ce qui serait certainement très judicieux, si Moise était effectivement un sorcier.
Un autre Pharaon, et pas le moindre, celui de Joseph, dont les conseillers, convoqués en urgence pour l'interprétation d'un rêve royal, ne craignaient pas ses foudres au point d'oser lui refroidir par : Majesté, des délires, et nous nous en sommes point spécialisés.
Le secret est donc là. Savoir s'entourer. Éviter la courtisanerie, la flatterie et l'hypocrisie, une trilogie très nuisible pour un souverain. Le roi est en fin de compte le fruit de sa Cour, comme l'arbre l'est par rapport à sa terre.
Pourquoi alors, me diriez-vous, cette rhétorique royale? La réponse, mon général, est très simple. Il me semble qu'avec tous les pouvoirs que vous accumulez, maintenant, vous êtes plus qu'un président. Déjà, le statut constitutionnel de la présidence mauritanienne est l'un de plus renforcé dans le monde, quant à vous, avec les pouvoirs militaires et sécuritaires renforcés par la légitimité populaire, vous êtes tout simplement un roi.
Avec une telle concentration de pouvoir, de mémoire sans précèdent dans l'histoire du pays, la courtisanerie suivra. Elle sera à l'échelle royale. On vous dira que vous êtes le sauveur, le génie, voire même que vous-êtes le messie de Dieu, que sans vous il n y a point de salut. Alors, mon général, sachez que seulement à les entendre vous avez déjà un pied dans le vide, dans le néant, bref dans l'enfer. Le seul danger devant lequel aucun souverain n'est protégé est bien la flatterie. Alors, gare à vous, mon Général!
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