L’autocritique.
Le corbeau critique la noirceur. William Shakespeare
L’heure mondiale est à l’autocritique. Tous les mondes, toutes les corporations et même tous les systèmes politiques y ont droit. C’est une idée qui est dans l’air du temps et qui s’est imposée naturellement avec toute l’assurance d’une idée dont le moment est venu.
En Mauritanie, et plus généralement en Afrique, des militaires qui ont pris leurs galons dans le sillage des régimes politiques dictatoriaux et corrompus, et qui promettent justice et démocratie, tout en fustigeant ces mêmes régimes, ca s’appelle une autocritique astucieuse et, surtout, mal assumée.
Ailleurs, des capitalistes notoires qui critiquent la spéculation et la cupidité des lois du marché s’en est une autre, aussi, avec une saveur particulière. Celle de l’inattendue. Et pour cause le sport préféré du totalitarisme communiste fut en effet l’autocritique.
Elle inaugurait le début d’une période et la fin d’une autre. Elle annonçait les purges et les persécutions. De Pékin, à Moscou en passant par Saigon et Phnom-Penh, ce mot était, à lui seul, suffisant pour faire trembler les plus aguerris des militants. Maintenant, la peur a changé de camp. Tout en continuant à faire trembler, et par ironie du sort, l’autocritique sévit dans le camp capitaliste. Directeurs des Banques, Traders, financiers réputés, tout un chacun met de son génie pour nous expliquer qu’il y a eu, effectivement, dérive et qu’elle est réparée. Que désormais, rien ne sera comme avant.
Derrière cette prise de conscience de façade, le vrai risque est de faire comme les régimes totalitaires d’antan. C’est-à-dire, comme le taureau, reculer pour mieux cogner.
Ce qui consiste pour nos Militaires à instaurer une démocrature pire que celle qui l’ont précédé. Ou pour nos capitalistes à ressusciter de ses cendres ce régime de spoliation de Masse qui est le capitalisme libéral anglo-saxon.