Al Bachir : la dernière valse de l’empire

Publié le par Bien Faisant

 

Avec  ce mandat d’arrêt émis par la  cour pénale internationale (CPI) contre le président soudanais Omar el Béchir, l’empire du bien passe,  dans son offensive mondiale,  à la phase finale : la phase 5.

Et, comme dans toute bonne guerre, cette offensive  débute, d'abord,   par le repérage des pays ayant un potentiel économique important, spécialement, énergétique.  Commence alors la mise en application de la  manœuvre d’abordage afin  de  s’approprier ces richesses.  Manœuvre qui  est souvent  faite sur mesure selon la  résistance du pays  victime et surtout selon le potentiel pétrolier dont il jouit.

L’approche traditionnelle que représente l’endettement est, malheureusement, bien connue du monde entier.  Elle n’est que la phase 1  de cette manoeuvre d'abordage, confiée souvent à un organe annexe de la réserve fédérale américaine,  plus connu sous le nom de la Banque Mondiale.   Mondialité qui n’est en réalité que l'aspect visible de cette entente entre pays prédateurs, fer de lance de l’offensive.  La Jamaïque, l’Equateur et, tout récemment,  l’Argentine  ne sont que le prélude  d’une longue liste,  toujours ouverte,  des pays victimes de cette spoliation continue.

Cependant, si un pays  contourne ce piège devenu,  entre temps, facilement réparable, la  manœuvre d’abordage nécessitera une seconde phase. Souvenez-vous, c’est  celle-la qui est  venue à bout de l’espoir que représenta  l’arrivée au pouvoir en Iran, en 1950,  de Mohamed Mossadegh. Cet  homme, cultivé  et patriote,   avait la ferme volonté d’émanciper le peuple iranien du diktat des compagnies pétrolières anglo-saxonnes. L’empire s’est senti offensé.  Sa vengeance fut  la fameuse opération Ajax orchestrée et exécutée par la CIA pour  déstabiliser le régime de Mossadegh par une fronde fictive, chèrement payée en dollar par les États-Unis.  Il faut noter qu’au-delà du  succès  de l’agent responsable de l’opération Ajax,  Kermit Roosevelt,  cousin du président  américain Roosevelt, cette opération fut l’une des  plus réussis de l’histoire de la CIA.   Cependant  le succès de  cette phase  n’est pas toujours garanti. Elle a échoué, en effet, en Irak et, jusqu'à présent, au Venezuela. Une autre phase devient alors  indispensable, la troisième.  Elle consiste tout simplement à eliminer, physiquement,  les chefs d’états étrangers qui se mettent sur la route des intérêts impériaux.   Les cobayes de cette phase furent tous  des présidents Sud-Américains.  En  1954, le président guatémaltèque  Arbenz Guzman  est  renversé par  les forces spéciales américaines et assassiné plus tard, en exile,  dans sa salle de bain. En 1981, son compagnon de lutte le président équatorien,  Jaime Roldos,  s’est montré  plus prévoyant. Juste après avoir refusé  l’offre de tutorat américain sur le pétrole de  son pays, il rassemble les membres de sa famille pour leur faire ses adieux. Deux mois plus tard, son  avion explose en plein ciel. Un agent américain avait  réussi à introduire une mini bombe, cachée dans un micro,  dans l’avion présidentiel. Et,  bien évidement,  tous les témoins furent liquidés.  Le même sort fut réservé aussi à son collègue panaméen Omar Torrijoz. Ce dernier avait  froissé l’empire par sa demande de récupération du Canal de Panama, en 1977.  

 Depuis, les chefs d’états en conflit avec l’empire se sont,  tous,  entourés  des systèmes de sécurité infaillibles et impénétrables.  C’est fut le cas, par exemple, de Fidel Castro et de Saddam Hussein.   Si pour le premier l’absence des ressources énergétiques importantes sur son sol lui fut, paradoxalement, salutaire,  son  abondance dans le sous sol irakien fut meurtrière pour le second.  C’est ce qui a nécessité la quatrième phase, l’invasion militaire. Celle-ci s’est montrée en fin de compte difficile et très coutante en hommes et en argent.  C’est pour quoi la cinquième phase, la dernière pour le moment,  fut engagée  pour se débarrasser du président soudanais Omar El Bachir. Ce dernier avait  aggravé son cas par l’accord qu’il a signé avec la Chine, lui accordant la primauté sur le pétrole soudanais. Cette phase qui complète cette valse à cinq temps consiste à mobiliser, pour la première fois, les instances juridictionnelles  internationales  pour des raisons purement belliqueuses et mercantiles.  Une fois n’est pas coutume,  le cout de cette dernière  peut-être profitable au monde entier.  

En effet, le monde est, enfin, sur le point de se rendre compte de la vraie nature de ces instances internationales qui ne sont que des agents dormants au service de cet empire qui n’hésite devant rien pour arriver à  ses fins.

Publicité
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article