La médiation libyenne : allez-y et restez-y !

Publié le par Bien Faisant

Le Colonel Kadhafi porte  actuellement un intérêt   encourageant pour la crise politique mauritanienne.  Tous les protagonistes sont, parait-il, invités à se rendre à  Tripoli pour s’entretenir  entre eux, d’une part, et, de l’autre,  avec le Colonel  sur la possibilité d’une sortie de crise en Mauritanie.

 Bien évidement, on ne peut que saluer ce type de médiation, mais aussi avertir les belligérants  sur tout refus éventuel d’en faire partie.  Un tel refus ne  peut que représenter aux yeux  des Mauritaniens une volonté manifeste de saboter tout dialogue constructif afin de  trouver une solution à un problème  national  épineux.

On doit garder à l’esprit la médiation qatarie pour un autre problème beaucoup  plus difficile et meurtrier que le notre, celui du Liban, tout en  espérant  que  la médiation libyenne apportera  le même résultat.

A l’époque, le peuple libanais a, vivement,   incité    ses représentants communautaires et politiques  de  partir a Doha et il les a sommé   d’y rester jusqu’à qu’une solution soit  trouvée.  Ce qui fut heureusement le cas.

Aujourd’hui, le peuple mauritanien, toute tendance politique confondue, exhorte les siens à accepter, d’abord,  de  participer à la médiation libyenne et, en suite, de  rester à Tripoli jusqu'à qu’une solution y  fait l’unanimité.

 Et pour cause, cette  médiation libyenne  a quelque chose de particulier. Elle est  une initiative purement africaine, ce qui est rassurant quant à   l’indépendance qu’acquiert  ce continent  dans la gestion de ses problèmes internes. Elle est aussi Magrébine sans pour autant faire  partie du clivage malsain issu de la rivalité entre l’Algérie et le Maroc.  

Elle est enfin antérieure à  toute mesure coercitive à  l’encontre du  peuple mauritanien. Elle nous évitera ainsi  l’humiliation que consiste  la soumission sous les menaces de la communauté internationale.

En un mot, le mot d’ordre du peuple mauritanien  pour ses représentants politiques est d’aller à  Tripoli et surtout  d’y rester  jusqu’à qu’une solution de sortie soit entériné.  Tout refus d’y aller ou d’y retourner sans solution fera  automatiquement de  son auteur une partie des problèmes  de la Mauritanie plus qu’une partie des solutions.

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