Que connait Wade de la Mauritanie?
Il n’est secret pour personne, surtout pas pour nous Mauritaniens, que nos frères et voisins Sénégalais ont, parfois, tendance à nous prendre pour ce que nous ne sommes pas en réalité. Et sur ce point, ces derniers, ne font pas exception dans la région. C’est ainsi, aussi, avec nos frères et voisins du nord, les Marocains. Ces deux voisins pensent, en effet, que la Mauritanie est, toujours, un campement de bédouins qui passent leurs temps à se chamailler pour des raisons tribales et qu’on est incapable d’accéder à la citoyenneté et à l’état moderne. Ce qui n’est qu’à moitié vrai, autrement dit : à moitié faux. Et ce n’est pas par hasard que ces deux voisins sont les premiers à se montrer réceptifs et compréhensifs pour les coups d’état qui se sont déroulés en Mauritanie. Mieux, ils s’érigent en défenseurs de toute régression de l’état de droit en Mauritanie. Si leurs intentions sont, probablement, exemptes de tout reproche, les idées sur lesquelles ont fondé leur jugement les sont beaucoup moins. Car ses idées sont, pour la plus part, des ramassis des doxas fondées sur les préjugées et les caricatures simplistes. Et, pour être juste, qu’on en a aussi sur eux. Et c’est justement ces préjugés là que le Président sénégalais a érigé en science sociale lorsqu’il s’agit de la Mauritanie. Et, en bon professeur, il propose de les partager avec ses pairs africains.
S’il est vrai que des notions comme la citoyenneté, la démocratie et l’état de droit sont nouvelles pour le peuple mauritanien, force est de constater que ce dernier a, par moment, impressionné le monde entier par sa capacité à les intégrer et, même, à les réinventer du néant.
Quant à nos chers voisins, l’un est toujours adepte du vieux principe de l’appartenance de tout un peuple à son prince, Roi en occurrence, et l’autre a régressé profondément sur ces notions là. On parle même d’un héritage princier, du père au fils, dans un régime républicain. Régression dont le responsable premier est, justement, ce président qui croit, dur comme fèr, connaitre, et en mal, le peuple mauritanien. En fin de compte, une question reste malheureusement sans réponse : que connait Wade vraiment de la Mauritanie ?