Problème interne, solution interne
Dans la déchéance, sauvons au moins la face. Sauvons la réputation du pays. Pour nous Mauritaniens, Il n’est pas acceptable ce qui se produit actuellement en Mauritanie. Quémander une reconnaissance personnelle ne doit en aucun cas être au détriment de celle du pays. Ceux qui parlent au nom de la Mauritanie ont l’obligation de respecter la responsabilité que cela incombe. Voir certaines hautes personnalités du nouvel régime s’abaisser au niveau d’implorer une audience officielle, à l’étranger, est néfaste pour ce gouvernement ainsi que pour le pays à long terme.
S’entêter dans la recherche d’une reconnaissance d’un pouvoir illégitime est une chose, à la limite, compréhensible. Ce qui ne l’est moins, c’est cette insistance dans la sollicitation qui est proche de l’imploration.
Le problème ne vient pas de l’étranger, il est purement interne. Les efforts de la junte pour la reconnaissance resteront vains tant qu’ils ne font pas l’unanimité dans la classe politique mauritanienne. C’est avec cette dernière qu’il faut parler, négocier et convaincre.
L’incapacité de la junte à convaincre, même ses proches alliés politiques, quant à ses intentions et son projet pour le pays est la source première de cette impasse politique nationale qui se manifeste, entre autres, par une absence de la reconnaissance étrangère. Cette dernière est bien, donc, une conséquence. Elle n’en est, en aucun cas, une cause. Et c’est à l’origine du mal que toute personne avertie est censée s’attaquer. Le reste suivra certainement, comme il fut le cas en 2005. Pour cela, il faut , d’abord, que les Militaires reconnaissent leurs erreurs. A commencer par le renversement du président Sidi et le mépris qu’ils ont montré, par cette action irréfléchie, à la volonté populaire. Sans oublier, évidemment, celle qui est à l’origine de la crise actuelle: leur interférence dans le déroulement de l’élection présidentielle de 2007. Seulement, une fois ces deux erreurs assumées, ils arriveront à convaincre sur leurs intentions, obscures pour le moment. Ainsi que sur leur crédibilité comme des parteneurs fiables pour le projet démocratique en Mauritanie. Le problème est donc bien interne, ne le pas voir ainsi, consiste à chercher une clef, tombée dans une chambre sombre, dans celle qui est éclairée. Pourtant, c’est exactement ce qu’ils font actuellement, en cherchant des solutions au problème mauritanien à Paris, à Rabat ou, même, à Libreville