Entre Sidi et Aziz, qui emprisonne qui?

Publié le par Bien Faisant

Le geôlier est un autre prisonnier.

Proverbe Bantou.

 

La culture maure, comme toutes les cultures arabes et africaines, voue un respect imparable à la vieillesse et ses dépendances. Au point que le mot vieux, Cheikh, est devenu synonyme du respect et prestige social.

On est allé, même, jusqu’à dire qu’un vieux assis voit plus loin qu’un jeun débout. Ce qui est certainement pas très conforme aux lois de la nature, n’empêche que les mauritaniens y croient dur comme fer.

Les événements récents en Mauritanie illustrent, à leurs manières, cette prétendue sagesse accumulée par l’inexorable marche du temps. Elles nous montrent, en effet, qu’un vieux dans sa geôle est plus souverain qu’un jeun dans son palais. Qui l’aurait cru? Et pourtant, c’est exactement ce qui se passe  actuellement. Au fond de sa geôle, le président Sidi continu à détenir l’avenir de son jeune geôlier entre ses mains et ce dernier malgré toute sa fougue commence à saisir la complexité de la situation.

Si le président Sidi a vécu longtemps prisonnier de ses amis, il se rend compte qu’il est devenu le geôlier de ses ennemis. Et on n’est pas sûre que l’homme n’a pas commencé à prendre goût à cette situation qui lui est complètement nouvelle. Ce qui explique, en partie, le refus qu’il a opposé à la proposition de la délégation tribale mandatée par le HCE pour lui demander de démissionner.

Démission qui commence à s’imposer comme condition sine qua non de la délivrance de leur bébé bâtard du 06 Août 2008. Seulement le vieux président ne l’entend pas de cette oreille. Il sait que sa légitimité est sa seule bouée de sauvetage et qu’elle est plus résistante que les légions que ses détracteurs prétendent mobilisés.

Moralité de l’histoire, ce soir en Mauritanie, et entre le président Sidi et le général Aziz, on ne sait pas vraiment qui emprisonne qui?

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