Le président Sidi ou le Boudiaf Mauritanien

Publié le par Bien Faisant

Le pouvoir est sans aucun doute le seul système qu’on ne peut comprendre que de l’intérieur. Autrement dit, pour bien le pratiquer, il ne faut surtout pas s’en extraire. Il est comme le torrent, vous le renforcer de l’intérieur ou il vous balaye sur sa route.

Reprendre contacte avec un système qu’on a quitté revient à monter dans un train en plaine course. C’est au moins ce que les expériences de notre région nous montrent, celles des président Sidi et Boudiaf. Deux expériences frappantes, en effet, par leur similitude dans le déroulement et dans la finalité.

En Algérie, le conseil militaire, se trouvant dos au mur, fait appelle à un vieux compagnon de lutte pour l’indépendance, Mohamed Boudiaf. L’intégrité de l’homme, son idéalisme ainsi que ses bonnes intentions pour sa patrie font de lui, aux yeux des généraux algériens, un idéaliste, un utopiste pour ne pas dire un faible.

L’homme, armé de son légendaire courage, accepte le retour au pays, après avoir,dit-on, écrit son testament. Pressé par un temps, qui lui savait bien compté, il commence des reformes tous azimutes. Le redressement annoncé ne tarde pas a déplaire aux généraux, devenus entre temps ceux du riz et du sucre, l’affrontement ne peut-être évité.

La fin de l‘histoire est connue de tous. Elle fut à l’algérienne, sanglante et dramatique, mais franche et courageuse.

En Mauritanie, le conseil militaire a eu, contrairement à son homologue algérien, le luxe d’avoir le choix. Et il a cru bien choisir. Un homme pieux, sans une véritable expérience militante et coupé des réalités d’un pays marqué par des longues décennies de corruption, népotisme et destruction morale. Toutes les qualités que le président Sidi a, ne représente pour les Militaires que faiblesses et dépendances. Son souci de souveraineté a fini par les agacer. La fin est, aussi, connue de tous. Elle est à la mauritanienne, sournoise, tordue et peu frontale.

Si le président Sidi a sauvé sa vie, et malgré l’appui de la communauté internationale et le front démocratique du pays, ce que lui prépare les militaires risque de lui faire regretter le sort de son triste compagnon d’infortune, Boudiaf.

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