Affaire Ould Horma : Qui a peur de l’inspection ?
« Il est plus facile de s'arranger avec sa mauvaise conscience qu'avec sa mauvaise réputation ». On croirait Nietzsche parlant de nos parlementaires plus soucieux d’une réputation largement ternie, et depuis longtemps, que de questionner leurs consciences sur le rôle qui ont joué dans la destruction de tous les symboles de l’état sous l’ancien système de Taya.
Les accusations formulées par l’inspecteur de l’état contre certains parlementaires ont occasionné une levée de bouclier générale, de la part de ces derniers, voyant dans sa maladresse une occasion d’abattre ce rempart contre leurs vieilles habitudes criminels et destructrices pour la Mauritanie.
En s’attaquant aux parlementaires, cet inspecteur d’état fait preuve, comme il l’a déjà fait dans le passé, d’un énorme courage, vu la dangerosité de cet institution, ainsi d’une connaissance profonde du pays et de sources de la corruption en Mauritanie et en Afrique en générale, dont le monde entier s’accorde à dire que la corruption vient toujours d’en haut. Le proverbe lui donne raison : le poisson pourrit par la tête.
En se payant la tête de cet inspecteur d’état, aimé par la population et craint et détesté par les affairistes du pays, l’aile dure issue de l’ancienne majorité parlementaire, criera victoire et trouvera le chemin libre pour réaliser ce qu’elle sait faire le mieux, corrompre et détourner.
Le président Sidioca s’est considérablement rapproché ces dernières semaines d’un système détesté et haï par les Mauritaniens. Il est, par conséquence, à deux doigts de couper totalement le lien avec la population.
Je fais ici un appelle solennelle au président Sidioca de garder le fil qui le lie encore au peuple mauritanien en refusant le limogeage de cet inspecteur d’état qui est, à lui seul, une caution morale pour un système dont la moralité et la vertu sont terriblement défaillantes.
« La Vertu ne va jamais seule ; elle attire toujours des imitateurs » disait Confucius, seule assurance sur laquelle on peut compter pour le moment. En attendant les futures imitateurs de Ould Horma, espérons qu’il reste un semblant d’état à contrôler.