Mauritanie : le choc de codes tribaux et codes étatiques
Mauritanie : le choc de codes tribaux et codes étatiques
« La morale publique est le complément naturel de toutes les lois ; elle est à elle seule tout un code ».
Napoléon Bonaparte.
La Morale publique varie selon la variation de ce dernier. Ainsi dans une nation, ou le publique est composé de plusieurs composantes, tribus par exemple, nous obtenons une mosaïque des codes tribaux poussant, dans ses dernières tranchées, les codes étatiques.
En Mauritanie ses codes tribaux convergent, d’une façon plus ou moins chaotique, vers un code conventionnel infranchissable, source principale de la morale publique mauritanienne, dominant largement celui de l’état. Cela dit, on ne peut lui nier une utilité publique considérable qui se manifeste par une solidarité sociale et un équilibre de puissance tribale garantissant une paix réelle mais fragile.
Néanmoins, cette marginalisation de la loi étatique constitue un grand problème pour l’état moderne que la Mauritanie prétende vouloir construire. C’est ainsi, qu’on trouve une assemblée nationale, fraichement élue, constituée de plusieurs personnalités criminelles au regard de la loi étatique, et complètement éligibles et honorables par rapport à loi tribale.
Le grand défi que la Mauritanie démocratique doit relever est certainement une réhabilitation de la loi étatique par rapport à la loi tribale. Ce qui ne peut se faire sans l’instauration d’un système de justice sociale garantissant au citoyen tous ses droits indépendamment de sa tribu, sa région ou de son ethnie.
Il faut noter ici que le défi est de taille et que des grandes nations démocratiques sont toujours sur la voie de le relever. Il est bien connu que la carte électorale française n’a pas changé depuis la révolution, c’est ainsi que des régions entières votent systématiquement, d’une façon presque tribale, pour les mêmes parties politiques.
Dans l’impossibilité d’extirper de l’être humaine ce sentiment d’appartenance qui fait partie de son identité, l’idéal serait certainement de réduire, le plus rapidement possible, la loi tribale à un complément de la loi étatique et non l’inverse.